Plutôt que de chercher à rivaliser avec les modèles généralistes américains et chinois, l’Europe change de terrain. Avec le programme RAISE (Resource for AI Science in Europe), lancé mi-octobre 2026 lors d’un sommet européen sur l’intelligence artificielle à Dublin, la Commission européenne donne à 200 chercheurs un accès direct et gratuit aux modèles scientifiques les plus avancés de Google DeepMind. L’enjeu : remettre la recherche européenne, pas le grand public, au centre de la course à l’IA scientifique.
Cinq outils, un objectif : accélérer la science
Sommaire de l'article
Google DeepMind et Google Cloud mettent à disposition cinq modèles « frontière », chacun taillé pour un champ de recherche précis. Les bénéficiaires reçoivent en plus 3 millions de dollars de crédits de calcul pour les faire tourner sur l’infrastructure cloud de l’entreprise :
- AlphaFold 3 : prédiction des structures protéiques et de leurs interactions moléculaires
- AlphaGenome : analyse de l’impact des variants d’ADN sur la régulation génique
- AlphaEvolve : découverte algorithmique automatisée
- AlphaEarth Foundations : cartographie et observation de la Terre par satellite
- WeatherNext : prévision météorologique et modélisation climatique
Ce sont les mêmes briques qui alimentent, côté grand public, les agents d’intelligence artificielle que l’on voit apparaître dans de plus en plus de secteurs. Ici, elles sont redirigées vers un usage strictement scientifique, loin des systèmes autonomes grand public qui occupent l’actualité tech.
La Commission européenne aux commandes, pas Google
Le détail change la nature du projet : c’est la Commission européenne, et non Google, qui sélectionne les 200 chercheurs retenus et pilote la gouvernance du programme. Google fournit la technologie et l’infrastructure, Bruxelles décide qui en profite et dans quel cadre. L’objectif affiché est de donner à la recherche publique européenne des moyens de calcul et des modèles qu’elle ne pourrait pas s’offrir seule, sans pour autant dépendre d’un acteur privé pour ses choix scientifiques.
Cette approche tranche avec les annonces plus spectaculaires du mois : OpenAI a par exemple affirmé avoir produit, via ses modèles, trois résultats inédits en mathématiques, en informatique théorique et en physique. Des résultats qui restent, eux, à vérifier de façon indépendante — contrairement aux outils RAISE, déjà validés et publiés depuis plusieurs années dans des revues à comité de lecture.
Pourquoi cela change la donne pour les chercheurs
Pour un laboratoire universitaire européen, l’accès à ces modèles représente d’ordinaire un investissement hors de portée, tant en licences qu’en puissance de calcul. Le programme RAISE efface cette barrière pour un nombre restreint d’équipes, dans des domaines allant de la biologie structurale à la climatologie. Le choix des cinq outils n’est pas anodin : il couvre à la fois la santé, l’environnement et le calcul fondamental, trois priorités affichées de la politique scientifique européenne pour les prochaines années.
Reste une question de fond, déjà posée à propos d’autres initiatives liées aux outils d’intelligence artificielle financés par de grands groupes américains : que se passe-t-il quand le programme de financement, lui, arrivera à échéance ? La Commission n’a pour l’instant communiqué aucune date de fin ni aucun engagement de pérennité au-delà de la phase pilote. Un sujet qui ne manquera pas d’être évoqué lors de la prochaine Fête de la Science, où plusieurs équipes bénéficiaires sont attendues pour présenter leurs premiers résultats.
Autre point suivi de près par les chercheurs sélectionnés : la question de la sécurité et de la confidentialité des données de recherche confiées à un outil tiers, un sujet déjà sensible pour d’autres agents IA utilisés en entreprise.
Questions fréquentes
Qui peut bénéficier du programme RAISE ?
Le programme est réservé à 200 chercheurs européens sélectionnés par la Commission européenne, sur des critères scientifiques liés à leurs projets de recherche en cours.
Les chercheurs doivent-ils payer pour utiliser les modèles ?
Non, l’accès aux cinq modèles et les 3 millions de dollars de crédits de calcul associés sont fournis gratuitement aux équipes retenues, dans le cadre du programme.
Google a-t-il un droit de regard sur qui est sélectionné ?
Non, la sélection et la gouvernance du programme sont assurées par la Commission européenne ; Google DeepMind et Google Cloud fournissent uniquement les modèles et l’infrastructure technique.
Sources
- Tech Insider — RAISE : Google donne l’IA scientifique à 200 chercheurs UE
- Techzine — Google gives European researchers access to AlphaFold 3
- AI Polix — Google DeepMind and Google Cloud open frontier science models to 200 European researchers
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale












