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Grand tétras et lagopède alpin : ces deux oiseaux des montagnes désormais protégés par la loi

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Grand tétras et lagopède alpin dans un paysage de montagne française

Le grand tétras et le lagopède alpin, deux oiseaux emblématiques des massifs montagneux français, viennent d’obtenir un statut d’espèce protégée. Deux arrêtés, publiés simultanément au Journal officiel le 8 septembre 2026, actent cette protection réglementaire attendue depuis des années par les associations naturalistes.

Deux arrêtés pour sauver des populations en déclin

Le premier texte, signé le 12 août 2026, concerne le lagopède alpin ; le second, daté du 3 septembre 2026, protège le grand tétras. Les deux espèces partagent le même diagnostic : un état de conservation jugé défavorable par les scientifiques, sous l’effet conjugué de la réduction et de la fragmentation de leur habitat, des dérangements liés aux activités humaines et du réchauffement climatique, particulièrement sensible en altitude.

Cette avancée réglementaire a été amorcée dès avril 2026 par le ministère de la Transition écologique, puis confortée par une consultation publique organisée durant l’été : 80 % des participants s’étaient dits favorables à ce classement.

Ce que change concrètement le statut d’espèce protégée

La protection interdit désormais :

  • la destruction ou l’enlèvement des œufs et des nids ;
  • la destruction, la capture ou l’enlèvement des oiseaux, à tout stade de leur développement ;
  • leur perturbation intentionnelle, notamment pendant les périodes sensibles de reproduction ;
  • la destruction, l’altération ou la dégradation de leurs habitats naturels.

Cette dernière disposition est sans doute la plus structurante : elle oblige désormais à prendre en compte la présence de ces espèces dans les projets d’aménagement, les activités pastorales ou les loisirs de montagne (randonnée hors sentier, ski hors-piste, engins motorisés), sans pour autant les interdire par principe.

Un signal dans un contexte de déclin généralisé

Ce classement intervient alors que le dernier bilan européen de la directive « Habitats, Faune, Flore », dressé sur la période 2019-2024, affiche des résultats préoccupants pour la biodiversité française : 67 % des évaluations d’habitats et d’espèces suivis sont jugées défavorables, et la part des milieux en bon état de conservation recule d’année en année.

Le grand tétras, plus gros gallinacé forestier d’Europe, ne compterait plus que quelques centaines de mâles chanteurs dans les Vosges et les Pyrénées, ses deux derniers bastions français. Le lagopède alpin, oiseau au plumage blanc l’hiver, subit lui la remontée en altitude de la limite des neiges, qui réduit chaque année un peu plus son habitat disponible.

Un enjeu qui dépasse les deux espèces

Au-delà de ces deux oiseaux, la démarche illustre une prise de conscience plus large sur l’état de la faune de montagne, déjà documentée par plusieurs travaux récents, comme les études consacrées aux effets de la canicule sur les pollinisateurs ou au réchauffement de la Méditerranée et ses conséquences sur la biodiversité marine. Le phénomène ne se limite pas aux espèces menacées : la France doit aussi composer avec l’arrivée d’espèces invasives, comme le scarabée japonais récemment détecté sur le territoire, qui bouleverse lui aussi les équilibres locaux.

Pour en savoir plus sur la biodiversité, consultez la catégorie Planète ou la rubrique Science du site.

Questions fréquentes

Pourquoi le grand tétras et le lagopède alpin sont-ils désormais protégés ?

Leur population est en déclin constant, du fait de la dégradation de leur habitat, des dérangements humains et du réchauffement climatique. Le nouveau statut vise à stopper cette tendance en interdisant leur destruction et celle de leurs habitats.

Quand ces mesures sont-elles entrées en vigueur ?

Les deux arrêtés ont été publiés au Journal officiel le 8 septembre 2026 : celui sur le lagopède alpin est daté du 12 août 2026, celui sur le grand tétras du 3 septembre 2026.

Qu’est-ce qui est concrètement interdit ?

La destruction ou la capture des oiseaux et de leurs œufs, leur perturbation intentionnelle pendant la reproduction, ainsi que la destruction ou la dégradation de leurs habitats naturels.

Sources

LPO — Communiqué de presse
France 3 Régions — Occitanie
Cabinet Gossement Avocats

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Julien
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