Accueil Science Le télescope spatial Roman s’apprête à traquer 100 000 exoplanètes

Le télescope spatial Roman s’apprête à traquer 100 000 exoplanètes

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Illustration du télescope spatial Roman de la NASA flottant dans l'espace avant son lancement

Le compte à rebours est presque terminé : le télescope spatial Roman de la NASA doit décoller le 30 août depuis le centre spatial Kennedy, en Floride, à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX. Sa mission ? Cartographier l’énergie noire, sonder la matière noire et surtout débusquer jusqu’à 100 000 exoplanètes potentielles, soit plus que tous les télescopes chasseurs de mondes lointains réunis jusqu’ici. De quoi faire de cet observatoire l’un des instruments les plus ambitieux jamais envoyés en orbite.

Un hommage à la « mère de Hubble »

L’appareil porte le nom de Nancy Grace Roman, première astronome en chef de la NASA, dont le travail de conviction au Congrès américain dans les années 1970 avait permis le financement du télescope Hubble. Près de trente ans après le lancement de ce dernier, l’agence spatiale boucle enfin un projet pensé comme son héritière directe. Les équipes ont achevé leur revue de préparation au vol le 21 août, avant que l’engin ne rejoigne son pas de tir cinq jours plus tard. Une ultime revue de lancement, associant la NASA et SpaceX, doit se tenir ce vendredi pour valider le créneau du 30 août à 7h26, heure de Floride (environ 13h26 à Paris), avec une date de repli fixée au lendemain en cas d’imprévu.

Un miroir identique à Hubble, un champ de vision cent fois plus large

Sur le papier, Roman ne révolutionne pas la taille des optiques : son miroir principal mesure 2,4 mètres de diamètre, exactement comme celui de Hubble. La différence se joue ailleurs, dans sa caméra infrarouge grand champ d’environ 300 mégapixels, capable de photographier une portion de ciel cent fois plus vaste que son aînée en un seul cliché, avec une netteté comparable. C’est la même famille de lanceurs, chez le même prestataire, que celle qui avait déjà propulsé une fusée SpaceX jusqu’à percuter volontairement la Lune pour en étudier la composition interne. Une fois lancé, Roman rejoindra le point de Lagrange L2, à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, où il se stabilisera à l’abri du Soleil pour observer l’univers pendant au moins cinq ans.

  • Miroir principal : 2,4 mètres (identique à Hubble)
  • Champ de vision : environ 100 fois plus large que Hubble
  • Position finale : point de Lagrange L2, à 1,5 million de km de la Terre
  • Objectif exoplanètes : jusqu’à 100 000 nouveaux mondes recensés

La chasse aux mondes cachés par microlentille gravitationnelle

Pour repérer autant de planètes, Roman ne se contentera pas d’observer directement les étoiles voisines. L’essentiel de sa moisson viendra d’une technique appelée microlentille gravitationnelle : lorsqu’une étoile passe exactement devant une autre, plus lointaine, sa gravité déforme et amplifie brièvement la lumière de cette dernière, révélant au passage la présence d’éventuelles planètes en orbite. Cette méthode a déjà fait ses preuves sur agentlink.org : elle avait permis à des astronomes de retrouver une planète géante nichée dans de vieilles données d’archives. Roman doit l’appliquer à une échelle inédite, en scrutant en continu des centaines de millions d’étoiles du centre de notre galaxie. Un coronographe embarqué permettra en complément d’imager directement certains géants gazeux, en bloquant la lumière aveuglante de leur étoile.

Percer les mystères de la matière noire et de l’énergie noire

Au-delà des exoplanètes, Roman doit surtout aider à comprendre pourquoi l’expansion de l’univers s’accélère et comment la matière noire, invisible mais omniprésente, a façonné la structure des galaxies. Ces questions restent parmi les plus disputées de l’astrophysique moderne, dans la lignée de ce qu’a récemment illustré la découverte d’un trou noir supermassif qui bouscule les théories sur la formation des galaxies. En observant des millions de galaxies lointaines avec une précision inédite, les chercheurs espèrent affiner les modèles cosmologiques actuels, souvent mis à mal par des observations qui ne collent pas encore parfaitement entre elles. Pour l’ensemble de ces travaux, retrouvez nos autres analyses dans la rubrique Science du site.

Un déluge de données à trier

Avec un champ de vision aussi large et des relevés répétés pendant des années, Roman va produire un volume de données sans précédent pour une mission d’astrophysique. Repérer une poignée de signaux de microlentille au milieu de millions de courbes de lumière dépasse largement les capacités d’un tri manuel : les équipes scientifiques s’appuient déjà sur des algorithmes de détection automatisée, une approche de plus en plus proche de l’intelligence artificielle utilisée par ailleurs dans d’autres domaines de la tech. C’est aussi ce défi technique, autant que la prouesse optique, qui rend ce lancement particulièrement suivi par la communauté scientifique.

Questions fréquentes

Quand le télescope spatial Roman doit-il être lancé ?

Le lancement est prévu le 30 août depuis le centre spatial Kennedy, en Floride, à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX, avec une date de repli le lendemain en cas de report.

En quoi Roman diffère-t-il du télescope Hubble ?

Son miroir principal fait la même taille que celui de Hubble, mais sa caméra infrarouge couvre un champ de vision environ cent fois plus large en conservant une netteté comparable, ce qui lui permet de photographier beaucoup plus de ciel en un seul cliché.

Combien d’exoplanètes Roman pourrait-il découvrir ?

Grâce à la technique de la microlentille gravitationnelle appliquée à grande échelle, la NASA estime que la mission pourrait recenser jusqu’à 100 000 nouvelles exoplanètes, en plus d’imager directement certains géants gazeux grâce à son coronographe.

Sources

NASA Science – Nancy Grace Roman Space Telescope
Space.com – Nancy Grace Roman Telescope live updates
CNES – Nancy Grace Roman

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Jeanne Talleau
Jeanne Talleau
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