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Activité des entreprises françaises : ce que révèle la dernière enquête de la Banque de France

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Illustration abstraite de l'économie française, courbes de croissance et silhouettes d'immeubles de bureaux

La Banque de France a publié début octobre 2026 sa dernière enquête mensuelle de conjoncture, menée auprès d’environ 8 500 entreprises. Au-delà des gros titres sur la croissance, ce baromètre détaille, secteur par secteur, une réalité plus nuancée : certaines branches accélèrent, d’autres ralentissent, et un phénomène discret mais révélateur progresse partout, celui de l’allongement des délais de paiement.

Une croissance modeste, mais pas uniforme

Selon la Banque de France, l’activité a continué de progresser en septembre dans l’industrie et s’est même accélérée dans les services marchands, tandis qu’elle évoluait peu dans la construction. L’institution confirme une hausse limitée à 0,1 % au troisième trimestre et retient une croissance annuelle de 0,4 % pour l’ensemble de 2026. Pour octobre, les chefs d’entreprise interrogés anticipent une accélération de la production industrielle, mais un ralentissement de la croissance dans les services.

Des tensions de paiement qui s’étendent au conseil et à l’ingénierie

C’est l’un des signaux les plus intéressants de cette enquête : les difficultés d’approvisionnement restent globalement stables, mais elles demeurent élevées dans certaines branches industrielles dynamiques. Plus notable encore, des tensions liées aux délais de paiement se renforcent dans plusieurs activités de services aux entreprises, notamment le conseil et l’expertise comptable ainsi que l’ingénierie. La restauration, confrontée à une consommation atone, et le conseil en management figurent également parmi les secteurs sous pression.

  • Industrie : activité en hausse en septembre, accélération attendue en octobre
  • Services marchands : accélération en septembre, ralentissement anticipé en octobre
  • Construction : quasi-stabilité
  • Conseil, comptabilité, ingénierie : délais de paiement en allongement

Pour un dirigeant de PME ou de cabinet de conseil, ce détail compte autant que le chiffre de croissance : un allongement des délais de règlement pèse directement sur la trésorerie, parfois plus durement qu’un simple ralentissement d’activité. C’est aussi pour cette raison que de plus en plus d’entreprises s’appuient sur des outils numériques, parfois dotés d’agents IA de suivi de trésorerie, pour détecter plus tôt un retard de paiement et relancer leurs clients sans attendre la fin du mois.

Un marché du travail qui se tend aussi

Ce ralentissement progressif de l’activité s’accompagne d’une dégradation du marché du travail. Selon l’Insee, le taux de chômage a atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point sur un trimestre et de 0,7 point sur un an : son plus haut niveau depuis l’automne 2020. Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) s’élève à 2,7 millions de personnes, tandis que 3,323 millions de personnes sont inscrites à France Travail en catégorie A. Ces deux indicateurs, croissance atone et chômage en hausse, se nourrissent mutuellement : moins d’activité incite les entreprises à la prudence sur l'embauche, ce qui pèse à son tour sur la consommation des ménages.

Pour les entreprises suivant l’actualité économique, cette enquête de conjoncture reste l’un des indicateurs les plus fiables car elle repose sur un panel large et une collecte mensuelle, à la différence des statistiques trimestrielles publiées avec plus de décalage. Elle rejoint d’ailleurs les constats déjà posés sur les précédentes prévisions de la Banque de France sur le chômage et le pouvoir d’achat, qui annonçaient déjà cette tendance.

Côté emploi, les règles d’indemnisation évoluent elles aussi : pour mémoire, les nouvelles règles de calcul de l’assurance chômage modifient le calendrier d’indemnisation de nombreux demandeurs d'emploi, dans un contexte où leur nombre continue de progresser. Du côté des entreprises, certaines cherchent justement à compenser ce ralentissement par des gains de productivité : les derniers chiffres sur l’adoption de l’intelligence artificielle en entreprise montrent une progression rapide des usages, même si les gains de productivité mesurés restent pour l’instant limités.

Questions fréquentes

Que mesure l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France ?

Elle interroge chaque mois environ 8 500 chefs d’entreprise sur l’activité réelle de leur secteur (industrie, services marchands, construction) et sur leurs anticipations à court terme, ce qui en fait un indicateur avancé publié plus rapidement que les statistiques trimestrielles officielles.

Pourquoi les délais de paiement s’allongent-ils dans le conseil et l’ingénierie ?

La Banque de France relève une prudence accrue des clients de ces secteurs, qui retardent leurs règlements dans un contexte de croissance atone. Cette tension touche en particulier le conseil en management, l’expertise comptable et les bureaux d’ingénierie.

Quelle prévision de croissance la Banque de France retient-elle pour 2026 ?

L’institution confirme une hausse de 0,1 % au troisième trimestre 2026 et retient une croissance annuelle de 0,4 % pour l’ensemble de l’année, un niveau jugé modeste au regard du ralentissement déjà observé sur le marché du travail.

Sources

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Julien
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